Suite de l’étang disparu ; qui étaient les personnes saisies et/ou expulsées ?
Le couple Auclair-Jugnon qui vivait dans la maison était des tisseurs de cotonne, les trois fenêtres éclairaient leur « boutique ». Avec une activité complémentaire grâce aux terrains attenants. Le mari était originaire d’Écoche et vivait là, à proximité d’autres membres de la famille Auclair. Dès la fin de l’année 1871 ils partent habiter au Clapier à Cours, où leur fille unique se marie aussitôt avec un Lacôte de Coublanc. Au moment de leur expulsion Auclair avait 46 ans et sa femme 65 ans. En octobre 1870 leur fille avait accouché d’un garçon Jérôme ; celui-ci non reconnu par le mari de Victorine (ils auront 4 autres enfants) vit à Cours au foyer Auclair-Jugnon. Il sera journalier et mourra à 37 ans au Pavillon.
Sophie Poyet quant à elle, est la fille d’un couvreur de Saint Maurice les Châteauneuf, descendante d’une véritable dynastie de couvreurs, puisque, par exemple, au 18e siècle la princesse d’Armagnac fit réparer les toits de ses châteaux à Propières et Châteauneuf par un Poyet. Une autre Poyet épousa à Écoche Pierre-Marie Glatard. Mais Sophie ne faisait, malheureusement pour elle, pas partie d’une branche favorisée. Elle épouse un cultivateur de Coublanc Émilien Pegon sans fortune, puisque fils d’une domestique Catherine Pegon, victime de ce qu’on appelait alors les amours ancillaires et qu’on qualifie aujourd’hui de violences faites aux femmes ; pour l’honneur de la famille Berthier qui l’employait elle avait dû aller accoucher à Charlieu. Emilien toutefois est resté proche des Berthier puisque, par exemple c’est lui qui alla déclarer le décès de Louis Berthier. N’ayant pas beaucoup de biens, cet Émilien pensait faire des affaires dans le négoce des bestiaux. Mais il fut condamné pour faux et usage de faux : on ne transigeait pas à l’époque, il est condamné à la prison et est enfermé à la centrale de Clairvaux dans l’aube. Sophie Poyet retourne à Saint Maurice. Quand il a une permission de sortie, ils donnent naissance à un enfant Jean-Marie (en 1874). Mais la prison à cette époque ne facilitait pas la réinsertion, il est donc repris en 1882 en train de voler vers La Clayette alors qu’il était assigné à résidence à Saint Maurice ; retour à la case prison à Charolles. Tout cela ne rend pas la vie facile. Sophie finit ses jours à l’Asile d’aliénées de Bourg (Ste Madeleine) en 1889 ; elle a 46 ans ; Émilien finit les siens à l’asile d’aliénés de Bourg (Saint-Georges) en 1897 à l’âge de 63 ans. Quant à Jean-Marie, passé aux mines de Blanzy, on le retrouve insoumis en 1915 pendant quelques mois, se faisant exempter en 1919.